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        CAMILLE
                Travestis
                          de 
                       Paris
 
 




Notre Dame de Paris
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Notre Dame de Paris
by night
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Vue de la Seine

A  l'heure ou les bureaux se vident et les métros se remplissent
Alain regagne son appartement avec vue sur Notre Dame de Paris. 
Il se jette sur un fauteuil, ôte sa veste à rayures, laisse glisser son pantalon à pinces, dénoue sa cravate, et décoiffe d'une friction de la main ses cheveux plaqués en arrière. 

Il ne ressemble déjà plus au bureaucrate qu'il s'efforce de paraître dans son milieu professionnel. 
Alain s'éclipse dans sa chambre, puis réapparaît en Camille. 
Légèrement maquillé, une robe noire près du corps qui dessine ses formes féminines, on s'y tromperait! 
S'il y a eu un travail pour arriver à cette transformation, il n'en demeure pas moins que Camille avait, au départ, une prédisposition pour endosser ce physique de femme. 
Un visage androgyne, des pommettes saillantes, imberbe de corps et la voix douce. 

« Au départ, rien de cela n'était prémédité », dit-elle. 

«  J'ai commence à perdre mes cheveux vers 30 ans, et j'avais bien moins de succès dans le milieu homo. 
Je gagnais très bien ma vie dans la finance. Le regard des autres m'a très vite fait comprendre que j'étais hors normes. 

C'est un milieu très dur, machiste, mais qui m'a permis d'accumuler un capital suffisant pour entreprendre des modifications physiques coûteuses telles que l'implantation de cheveux, l'épilation électrique de la barbe, la silicone dans les fesses, et bien sur, les hormones. 

Cela a duré 13 ans, treize années durant lesquelles les collègues ont assisté à ma métamorphose. 
Ce fut une souffrance, mais une exaltation aussi... Le regard des autres était dur à assumer, très dur! 
J'ai finalement décidé de me mettre à mon compte le jour ou dans le restaurant d'entreprise une tablée entière s'est retournée sur mon passage ». 

Né en Indochine d'une famille issue de la grande bourgeoisie coloniale, Camille poursuit son destin avec une force de transgression assez rare... Après avoir été dans un collège religieux en province, et échappé aux prostituées que sa mère lui mettait dans les bras  « pour le changer », elle s'installe à Paris. 
Elle a 25 ans, et encore un peu de mal a assumer sa sexualité avec des garçons.

« Je ne savais pas encore ce que faire l'amour signifiait ». 

La trentaine, le cheveu rare, elle essaye une perruque de femme, influencée par une copine chauffeur de maître le jour, beau travesti de nuit et prend conscience qu'on peut se transformer facilement. 
Cela lui donne confiance envers un type d'hommes qu'elle n'a jamais intéressé:  Les hétéros. 

« Les hormones adoucissaient ma voix, ma peau, et même mon regard. Je devais tempérer tout ça au travail.  Néanmoins, j'ai découvert que ma féminité était une arme redoutable envers les hommes. 
Au départ, c'était la frénésie complète l'énorme facilité des contacts et la consommation effrénée de sexe. 

Mes goûts ont toujours été vers les hommes poilus du type turc. 
Cependant comme nombre de ses consœurs Camille n'est pas figée dans sa sexualité, elle ne se pose pas la question d'être passive ou active. 

« En femme, je suis devenue beaucoup moins dragueuse, c'est tellement facile de descendre dans la rue et de se faire alpaguer, les hommes sont faciles ce sont de vrais joujoux ». 

Ayant crée une petite structure indépendante, Camille doit, aujourd’hui plus qu' hier, redoubler de force pour tenir face aux requins de la finance, et convaincre pour gérer les portefeuilles de clients. 

« Mon côté androgyne diminue mon autorité c'est sûr, ça destabilise, mais cela m'a aussi donné une très grande force, une incroyable volonté de lutter. 
Mes amis me disent que je fais lesbienne habillée en garçon. 
Il est vrai que lorsque j'ai pris l'avion, pour mon voyage d'affaires à 
New York, l'hôtesse m'a dit Madame... je lui ai répondu : 

« Non, Monsieur ! ». 

L'argent est sécurisant, c'est un pouvoir d'arrogance". 

Suite


 
 
 
 
 
 
 

Paris est une ville magnifique
ou il fait bon vivre 
en femme
en toute liberté.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Quel plaisir d'être en femme
assise en terrasse 
et de prendre un café
sur le parvis de la
cathédrale!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 

J'aime flaner le
long des quais de Seine
et faire les bouquinistes
en femme, j'adore
jouer les touristes!













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